16.11.2011
12.11.2011
Massacre en Côte-d’Ivoire : LA Resistance Africaine porte plainte contre l’Armée française
9 novembre 2004-9 novembre 2011. Sept ans après, les jeunes Ivoiriens réunis au sein du Collectif des Patriotes victimes de la force française Licorne (COPAVIL) au nombre de 2549 blessés, ont, à travers une déclaration, demandé réparation des préjudices estimables à eux causés par la force militaire française Licorne devant lhôtel Ivoire.

Considérant que les 06, 07, 08 et 09 Novembre 2004, lArmée française stationnée en Côte dIvoire sous lappellation de « Force Licorne » a ouvert le feu avec des armes de guerre (tanks, chars, fusils dassaut, hélicoptères de combat,) sur les populations civiles ivoiriennes manifestant les mains nues ; Que ces fusillades dun autre temps ont fait de nombreuses victimes dont: une centaine de morts, 2549 blessés plus de 300 handicapés à vie que ces tueries de la force militaire française Licorne se sont opérées sur plusieurs sites, aussi bien à Abidjan quà lintérieur du pays: sur les deux ponts Félix Houphouët-Boigny et Charles de Gaulle de la ville dAbidjan: bombardements dhélicoptères de la force Licorne française sur les populations civiles.
Devant lhôtel Ivoire dAbidjan: tirs à balles réelles provenant de fusils dassaut et de chars de la force Licorne française sur les populations civiles à laéroport dAbidjan Port-Bouët: tirs à balles provenant des chars de la force Licorne française sur les populations civiles devant la base militaire française du 43ème BIMA: tirs provenant des chars de la force Licorne française sur les populations civiles au corridor de Gesco à Yopougon: tirs provenant des chars de la force licorne française sur les populations civiles à Songon au nord dAbidjan: tirs provenant des chars de la force Licorne française sur les populations civiles aux corridors de Duékoué et de Guessabo, à louest du pays: tirs provenant des chars de la force Licorne française sur les populations civiles ;
Considérant que suite à ces tristes et douloureux évènements, un Collectif baptisé Collectif des Patriotes Victimes de la Licorne (COPAVIL),est né en 2005 et réorganisé en 2008 pour défendre les droits moraux et patrimoniaux des victimes et de leurs ayants-droit ;
Considérant que le COPAVIL sinscrivant dans la droite ligne des accords de paix de Ouagadougou et du Nouveau-partenariat entre la France et la Côte dIvoire pour des relations saines, avait par la voie de son Avocat-conseil, Madame Bourthoumieux, adressé à Monsieur Nicolas Sarkozy, Président de la République française, en janvier 2010 une proposition de règlement à lamiable de ce douloureux contentieux
Considérant quaprès avoir accepté le principe dun tel règlement et renvoyé le dossier au Ministre de la Justice, Garde des Sceaux du gouvernement français de lépoque, madame Alliot -Marie, les autorités françaises malgré les promesses faites par le Secrétaire général de lElysée de lépoque, monsieur Claude Guéant lors de sa visite officielle en Cote dIvoire au mois de mai 2010, nont toujours pas donné suite à notre requête ;
Considérant que sept (07) ans après ces événements de novembre 2004, les victimes françaises des mêmes évènements ont reçu dédommagement ou début de réparation de la part de lEtat de Côte dIvoire à hauteur de plus de cinquante (50) milliards de Francs CFA, et la réhabilitation des établissements scolaires français à Abidjan à hauteur de quatre (4) milliards de FCFA ;
Considérant que la France, réputée être la patrie mère des droits de lHomme et des libertés dans le monde entier, doit enfin assumer toutes les exactions et atrocités commises en Côte dIvoire par son armée, la force Licorne ;
par ces motifs : Le Collectif des Patriotes victimes de la Licorne (COPAVIL) :
1. Déclare que les tueries de la force française Licorne en Côte dIvoire sont constitutives de crimes contre lHumanité ;
2. Demande vivement que les autorités françaises répondent de leurs actes devant le peuple ivoirien et devant la communauté internationale ;
3. Que lEtat français octroie aux victimes réunies au sein du COPAVIL et à leurs ayants-droit, la juste réparation des préjudices inestimables à eux causés par la force militaire française Licorne
4. Exige que toute la lumière soit faite sur les événements de novembre 2004 en Côte dIvoire, notamment sur le bombardement du camp de Bouaké, élément déclencheur de ces tueries, sur les exactions de la force militaire française Licorne sur les populations civiles manifestant les mains nues pour défendre les Institutions de la République et la souveraineté nationale de leur pays ;
5. Le COPAVIL se réserve le Droit, de porter plainte contre lEtat français devant les tribunaux nationaux et internationaux.
Fait à Abidjan, le 8 Novembre 2011
Pour le COPAVIL
15.10.2011
L’aveu de Chirac…
A lheure de toutes les récessions, et notamment économiques, petit rappel historique de M.Le Président Chirac, professeur dhistoire des peuples à ses heures perdues, spécialité : la Françafrique
12.10.2011
Côte dIvoire 2011- La bataille de la seconde indépendance
Le 1er octobre Survie 13 et ses membres se sont associés et ont participé à la conférence que donnait le professeur Robert Charvin au CRDP à Marseille . La conférence était organisée par le Mosourpa, Mouvement pour la Souveraineté et le respect des Peuples d’Afrique. Cette conférence vivante et réussie a accueilli environ 130 participants et a été suivie par des interventions et des questions posées par l’assemblée. Ci-joint le communiqué du Mosourpa.
COMMUNIQUE
Le samedi 1er Octobre le MOSOURPA, Mouvement Pour la Souveraineté et le Respect des Peuples dAfrique, nouvelle association créée au mois dAout à Marseille et soutenue par lAssociation SURVIE a invité le professeur Robert Charvin, Professeur émérite de Droit Public et de Science Politique de la faculté de Nice-Sophia-Antipolis.
La conférence quil a prononcée lui a donné loccasion de revenir sur les observations quil a faites sur le terrain en Janvier et Février 2011 sur le déroulement des élections présidentielles de Décembre 2010 en Côte dIvoire et consignées dans un livre paru en Avril 2011 sous le titre :
Côte dIvoire 2011- La bataille de la seconde indépendance
Il a confirmé les principales conclusions de son livre :
· Les élections présidentielles, entachées de très nombreuses irrégularités dans les zones de louest et du nord du pays qui depuis prés de 10 ans ont échappé à lautorité du gouvernement ivoirien légal, ont bien été remportées par Laurent Gbagbo.
· Larmée française a ensuite renversé le Président Gbagbo
· La France a imposée par la force un autre président
· LONU a pris dans la crise ivoirienne une position partisane non conforme à ses missions
Il a constaté que six mois plus tard ce coup détat colonial navait ramené ni le calme ni la prospérité en Côte dIvoire
Il a précisé quil avait travaillé avec M° Jacques Vergès à la préparation dune plainte déposée contre le gouvernement français pour crimes de guerre et crimes contre lhumanité.
Il a également souligné que lintervention en Libye relevait de la même politique néocoloniale et que la résolution du Conseil de Sécurité ouvrant la voie à lintervention militaire avait été outrepassée sans que lONU y trouve à redire.
Il a enfin lancé un appel au respect par lONU et par les puissances occidentales de la souveraineté des Etats et des peuples africains.
Cette parfaite concordance de vue avec lobjectif du MOSOURPA a conduit le Conseil dAdministration de lassociation à lui proposer le poste de Président dhonneur quil a accepté.
31.8.2011
Paroles de Galère
Festival Populaire et Militant
Samedi 3 et dimanche 4 septembre 2011 à la Friche Belle de Mai
Prix Libre
31.5.2011
La Faillite de l’ONU en Côte d’Ivoire, par le Pr.Robert CHARVIN
Ecouter le jingle de lémission « La Faillite de lONU » sur Radio Galère 88.4, programmée le mercredi 8 juin 2010 à partir de 20h00, avec l’intervention de Robert Charvin
Robert Charvin est professeur émérite de droit (spécialisé en droit international) à l’Université de Nice Sophia-Antipolis. Il est doyen honoraire de la Faculté de Droit et de Sciences Politiques de Nice. Il est actuellement membre du Conseil exécutif de l’association Nord-Sud XXI présidée par Ahmed Ben Bella. Il a été conseiller général des Alpes-Maritimes dans le groupe du Parti Communiste Français.
Il a participé sur place en Côte d’Ivoire à la commission internationale d’enquête sur les violations des droits de l’homme durant le crise post-électorale (janvier-février 2011), il est ainsi un témoin direct et particulièrement informé des évènements. Il a publié à son retour un ouvrage chez l’harmattan, Côte d‘Ivoire 2011, la bataille de la seconde indépendance, chez L’harmattan, 2011 ( préface René Degni-Segui ancien doyen de la faculté de droit d’Abidjan), retraçant cette expérience et montrant comment la Côte d’ivoire entière s’est retrouvée piégée dans les méandres du fonctionnement de l’ONU et des relations internationales.
Le 23 Mai 2011 le Professeur Robert Charvin répondait au Procureur de la République du Tribunal de Première Instance d’Abidjan dont le Parquet venait de décider de geler les avoirs en Côte d’Ivoire du professeur ainsi que ceux des autres membres de la commission d’enquête post-électorale.
Réponse Robert CHARVIN au Procureur de la République du Tribunal de Première Instance dAbidjan
21.5.2011
Transcription de l’intervention de Jean Ziegler
Jean Ziegler
Vice Président du Comité consultatif du Conseil des droits de l’homme des Nations Unies
Auteur du livre La haine de l’Occident
Entretien enregistrée mercredi 20 avril par téléphone a diffusée lors de la conférence publique citoyenne organisée par l’association Survie 13, intitulée : Crise Ivoirienne, le traitement médiatique en question.
Lors de cette manifestation importante, je voudrais intervenir sur trois points. Tout d’abord juridiquement sur les élections : le deuxième tour a eu lieu le 28 novembre 2010. Les deux candidats ont contesté les décisions des différentes instances. La commission électorale a donné vainqueur le candidat Alassane Ouattara, tandis que le Conseil Constitutionnel qui, comme dans tous les pays du monde, est hiérarchiquement supérieur à la Commission électorale, a proclamé vainqueur Laurent Gbagbo. C’est un conflit juridique constitutionnel, comme il arrive dans tous les pays. Le Conseil Constitutionnel, qui a la même fonction qu’en France, a demandé un recompte des voix dans un certain nombre de circonscriptions. Ouattara a refusé, et le lendemain, les Nations Unies, la France, et un grand nombre de Pays occidentaux, ont proclamé vainqueur Alassane Ouattara, alors que nous étions en situation de conflit juridique, qui continu jusqu’à maintenant. Comme en France, en Suisse ou en Allemagne, le Conseil constitutionnel est l’organe principal pour juger de la constitutionnalité d’une élection. Ce Conseil constitutionnel de la République de Côte d’Ivoire a ordonné, vu les irrégularités constatées non seulement au nord, mais également au sud et à l’ouest, c’est à dire dans des territoires où Laurent Gbagbo a fait des majorités, là aussi, qu’un recomptage soit effectué.
Or la Communauté internationale, qui est mot tout à fait mensonger, mais les principales puissances qui ont intérêt à l’élection d’un mercenaire comme Ouattara, ont délégitimé le Conseil Constitutionnel et proclamé unilatéralement un des deux adversaires : Alassane Ouattara vainqueur, d’une façon totalement illégale par rapport aux institutions existantes en Côte d’Ivoire.
Pourquoi Ouattara a eu et continue d’avoir un tel appui des principales organisations mercenaires du grand capital international, comme la Banque mondiale, le FMI ou l’OMC ? Pourquoi un appui tout à fait extraordinaire financier, militaire et politique de la France ? Parce que Ouattara est un personnage qui pour le grand capital néocolonial a fait ses preuves dans cette région du monde. Ouattara a été premier ministre d’Houphouët-Boigny au moment où les prix du cacao sur le marché mondial ont chutés. Vous savez que la Côte d’Ivoire est la première productrice de cacao du monde. Il y avait une crise profonde en 1990 quand Houphouët-Boigny a appelé ce jeune économiste qui travaillait à la banque d’Afrique occidentale, comme Premier Ministre. Il est resté Premier Ministre un peu plus de 3 ans, de 90 à 93. Pendant ce temps, il a privatisé pratiquement toute l’industrie et pratiquement tout le secteur public de la Côte d’Ivoire. En général, il a privatisé sans contre partie, d’une façon évidemment totalement scandaleuse pour l’intérêt public et le patrimoine public du peuple ivoirien. Avec ces privatisations massives, qui ont abouties au transfert de la propriété des moyens de production ivoiriens aux groupes financiers occidentaux et notamment français, il s’est gagné la reconnaissance et le soutien permanent de ces oligarchies financières qui maintenant dominent de nouveau la Côte d’Ivoire et que Laurent Gbagbo a essayé de briser.
Le mercenaire Alassane Ouattara a été nommé directement directeur général adjoint du FMI de 1994 à 1999, ce qui est très rare pour quelqu’un qui n’est pas passé par une carrière à l’intérieur de l’organisation. Et durant ce temps là, il a appliqué quelques uns des programmes d’ajustement structurel. Vous savez ce que c’est : les pays surendettés d’Afrique doivent ré-échelonner la dette, obtenir un moratoire, ou obtenir de nouveaux crédits pour payer les anciens, le Fonds monétaire accepte cette demande si le pays débiteur accepte de faire un certain nombre de réformes structurelles, qui vont toujours dans le sens de la libéralisation totale du marché. Donc ouverture en grand du marché aux sociétés multinationales étrangères et donc à la privatisation de ce qui reste comme secteur public. Je dis ça en tant qu’ancien rapporteur du droit à l’alimentation des Nations Unies. Partout où le FMI a imposé un programme d’ajustement structurel, la faim dans les couches les plus pauvres de la population a explosé. Or, le responsable direct, institutionnel : le directeur Afrique du FMI, pendant 5 ans, durant les pires programmes d’ajustements structurels, était Ouattara. Donc il a toujours fait ses preuves de docile larbin du grand capital international.
Dernier point que je voulais soulever, qui concerne mon travail quotidien au Conseil des Droits de l’Homme : l’interprétation de la résolution 19-75 qui a soit disant servi de base normative pour l’attaque française contre le domicile du Président Gbagbo, le dimanche après-midi 4 avril et le lundi matin. Cette résolution dit quelque chose de très clair : les Nations Unies doivent détruire les armes lourdes qui sont pointées sur la population civile. ( ) L’interprétation donnée par l’Elysée de la résolution 19-75 est évidemment totalement illégale et totalement mensongère. Parce qu’ont fait les Pumas et les hélicoptères Gazelle de la force expéditionnaire française et les 30 blindés qui sont intervenus avec leur canon de 90mm à partir du territoire de l’ambassade de France, qui jouxte la résidence du Président Gbagbo ? C’est une attaque pure et simple contre un domicile privé d’un chef d’état. Ce n’était pas du tout pour éliminer des soit-disant armes lourdes qui menaçaient la population civile ivoirienne, comme la résolution 19-75 le présupposait, mais c’était une attaque pure et simple : un acte de banditisme international contre le domicile d’un chef d’état. Je connais la résidence présidentielle, composée de trois maisons. La propagande de Sarkozy parle de bunker. C’est complètement absurde, c’est ridicule. C’est un vaste jardin construit du temps de Bédié, une résidence relativement luxueuse, mais cela n’a rien d’une forteresse : ni d’armes lourdes, ni de bunker qu’il fallait briser, parce qu’il menaçait soit disant la population civile. C’était une pure manipulation idéologique : un pur mensonge public. D’ailleurs la télévision française a montré l’attaque contre le domicile, qui a provoqué les incendies et qui par miracle n’a pas abouti à la mort, à l’assassinat des filles, du fils, de l’épouse et du Président lui-même. Donc pour terminer, il est évident que c’est un acte d’agression néocolonial, de banditisme international, en rupture totale avec la légalité et la normativité des Nations Unies. Le but politique est évident. Laurent Gbagbo était le seul homme d’état qui mérite ce nom dans la région. Il s’est engagé depuis 2000, depuis sa première élection et malgré le coup d’état de 2010 qui a déjà essayé de l’éliminer, à essayer de réformer en profondeur la société ivoirienne : de récupérer pour le bien de cette société, les secteurs publics qui ont été privatisés, notamment dans le domaine de la pharmacie et des soins sanitaires, et de restaurer la souveraineté internationale et l’indépendance de ce magnifique pays, puissant de 24 millions d’habitants, qu’est la Côte d’Ivoire.
C’était inacceptable pour le capital international. D’autant plus qu’on vient de découvrir du pétrole off shore devant les côtes ivoiriennes. Il fallait donc que le mercenaire Ouattara, qui avait admirablement servi du temps d’Houphouët-Boigny et à Washington et au Fonds monétaire, soit rappelé en service, soit instauré par la force des armes, Président de la Côté d’Ivoire. Ceci est évidemment un scandale inadmissible, et j’espère que la raison va triompher : que les négociations vont avoir lieu, et que le Président Laurent Gbagbo continuera à jouer un rôle important pour le bien de son pays.
On sait que Laurent Gbagbo voulait abandonner le franc CFA, qu’il avait commencé à importer des machines pour battre la monnaie…
Est-ce qu’on peut être indépendant quand sa monnaie est gérée par l’ancien colonisateur ? Evidemment on ne peut pas. Il avait essayé de sortir de la zone CFA et les résistances étaient beaucoup trop violentes puisqu’il y a cette banque transnationale des pays de la CDAO, qui a un grand pouvoir de nuisance. Il a abandonné.
Je voulais donner un autre exemple : Laurent Gbagbo est venu à Genève en février 2002. Ce n’était pas du tout un voyage officiel. Il est venu voir l’Organisation mondiale de la santé. Je m’en souviens très bien. Il m’a dit : « Je veux maintenant introduire en Afrique la première assurance maladie généralisée, puisqu’il y a la SIDA, » Il était au pouvoir depuis 2 ans. Je m’en souviens comme si c’était hier. Il m’a dit : « Tu verras : la réaction va être terrible ». Puisque les trusts pharmaceutiques français et autres – mais surtout français – avaient totalement en main les services de la santé et dictaient leurs prix en Côte d’Ivoire. Il était venu à Genève pour discuter avec l’Organisation mondiale de la santé d’une aide, d’une coopération, d’une assistance en ce moment de réformes essentielles. En effet, quelques mois après, comme par miracle : tentative de coup d’état, qui aurait presque réussie, mais qui a abouti à la partition de fait du pays et qui a rendu impossible, dans un pays divisé, où la souveraineté, contestée de l’intérieur même, toutes les réformes fondamentales bénéfiques que Laurent Gbagbo s’était proposé d’entreprendre.
Je trouve très bien ce que vous faites, parce que la machine idéologique sarkozyste a complètement pervertie la réalité. Elle l’a médiatisé d’une manière totalement pervertie. On voyait à la télévision les blindés avancer, les hélicoptères français qui tiraient des fusées, provoquant des incendies, sur le domicile privé de Laurent Gbagbo et en même temps, la speakrine disait : « Au nom de la résolution 19-75, la France a accepté de détruire les armes lourdes de Monsieur Gbagbo, qui étaient dirigées et qui qui menaçaient la population civile d’Abidjan. Alors que les hélicoptères français détruisaient non pas les armes lourdes – qui n’étaient d’ailleurs pas là – mais attaquaient et détruisaient un domicile familial. Et on le voyait en même temps que la speakrine nommait ces mensonges. C’est incroyable comme manipulation. C’est une insulte pour la raison.
Pensez-vous qu’un moment de résistance est possible ?
Sankara a été assassiné. C’était plus net. C’était encore du temps de Houphouët. Thomas Sankara, en octobre 87 était assassiné, parce qu’il avait la même ligne évidemment et la même ambition que Laurent Gbagbo : Restaurer la souveraineté : arriver à une véritable indépendance extérieure et à une justice sociale à l’intérieur du pays. Son assassin est encore au pouvoir aujourd’hui : c’est le Ouattara du coin, qui a rendu d’énormes services, puisqu’il a armé les putschistes de 2002.Pour Laurent Gbagbo, il pensait qu’il ne devait pas en faire un martyr : ce qu’ils ont fait l’Allende, de Sankara, de Guevarra et de quelques autres : qu’il fallait le garder en vie et le faire disparaître. En espérant que la conscience collective européenne accepterait cette succession de mensonges légitimateurs de l’assaut néocolonial contre la résidence de Cocody. Je pense que le calcul de l’Elysée et des forces qui sont derrière : les grands groupes financiers du capital mondialisé, font un faux calcul. Parce qu’il y a un peuple ivoirien, qui a vu ce que Gbagbo a tenté de faire. Le désir de liberté, d’indépendance et de justice sociale qui s’est manifesté magnifiquement dans le monde arabe actuellement, va certainement également faire mouvement en Afrique et notamment en Côte d’Ivoire, et je ne pense pas que ce larbin de Ouattara peut simplement mettre en oeuvre sa politique pour sateliser de nouveau la Côte d’Ivoire et l’intégrer à l’empire néocolonial. Je ne le crois pas. Mais c’est le mystère de l’histoire, de ce qui va se passer. Quel est le courage, la force de la résistance, quel va être le rôle de Laurent Gbagbo : ça c’est le mystère de l’histoire. J’ai des amis ivoiriens et je suis vraiment impressionné par la détermination et par l’intelligence des milieux universitaires ivoiriens, par leur compétence professionnelle analytique. J’ai rencontré des gens tout à fait remarquables en grand nombre, et je ne crois pas du tout qu’hommes et femmes vont se coucher et accepter la satellisation, la recolonisation.
Ca va être un cas de la haine de l’occident. Cela va approfondir l’abîme qui sépare les peuples du sud des oligarchies du capital financier occidental. C’est certain. Vous imaginez un jeune ivoirien qui voit ça ? Il ne doit pas se coucher.

