Survivants13 (ancien "Survie 13 françafrique bas les masques")

30.6.2012

Une escroquerie dénommée « démocratie »

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Cours de « Géostratégie Africaine » n° 38

de Jean-Paul Pougala

« En Afrique, ce sont les dictateurs qui empêchent le développement. L’Afrique ne se développe pas parce qu’il n’y a pas la démocratie. Lorsque les pays africains auront l’alternance au pouvoir, alors on verra le vrai décollage du développement ». Voilà un ensemble de refrains de mensonges  qu’on entend depuis les années 90 venant de la part des Occidentaux. L’objectif affiché est celui de détourner l’attention des Africains des vrais enjeux de la souveraineté effective des pays africains. Et de continuer de rester dans la position de subalternité de receveur de leçon qui devra donc se prosterner pour savoir comment fonctionne cette prétendue démocratie et surtout, comment réussir à s’y conformer.

Au lieu de s’engouffrer dans une telle tromperie comme une baguette magique qui viendrait résoudre tous les problèmes, les Africains auraient dû d’abord se demander qu’est-ce que la démocratie dont on leur parle tant ? Pourquoi ceux qui l’invoquent tant ne l’ont pas appliquée durant leur 77 ans d’occupation du continent africain? Est-elle cette baguette magique dans les pays de ceux qui veulent l’enseigner aux Africains? Un simple tour averti dans les pays concernés aurait très vite révélé aux Africains que cette démocratie n’est en fait qu’un bluff pour esclavagiser leurs propres populations. Nous allons voir comment sous 3 angles différents : l’étymologie, la confusion public/privé et la crédibilité des institutions :

DEFINITION :

La démocratie n’est pas un système politique, ni un modèle de constitution. La démocratie n’est rien, tout simplement parce qu’elle n’existe pas. Et que dire des pays qui se sont autoproclamés « pays démocratiques » ? C’est du pur bluff. Pour le vérifier, il suffit de leur demander ce qu’est la démocratie. On est surpris de constater qu’ils vont donner autant de réponses que de pays, autant de réponses que de personnes à qui l’on pose la question. Il n’existe aucun consensus pour fixer la ligne directrice de ce que devrait être une démocratie; on se contente donc des définitions que chaque personnalité forte a pu émettre au cours des siècles. Ainsi,

– le dictionnaire définit la démocratie comme « le Gouvernement où le peuple exerce sa souveraineté ». Mais, ironie du sort, un pays comme l’Italie où la dette publique détenue par les fonds dénommés « souverains » étrangers représente 120% de la richesse nationale jouit-elle d’une quelconque souveraineté ? On peut tout aussi constater que dans leur définition officielle, la démocratie est une affaire de Gouvernement et non de pays. Ce n’est pas un  détail anodin, puisque un gouvernement change, un état non. La démocratie n’est donc pas une fin et par conséquent on ne peut nullement parler d’un état « démocratique ».

– pour l’ancien président américain Lincoln, « la démocratie serait le gouvernement du peuple par le peuple et pour le peuple ».

– Roosevelt répond à cette question dans son livre « Combats pour demain », où il définit la démocratie comme étant le fait de maintenir les balances de la justice égales pour tout le monde. Vu sous cet angle, c’et raté pour Roosevelt, parce que le système de fonctionnement de la très couteuse justice américaine  donne un grand pouvoir aux avocats de la défense et comme ce sont en effet les riches qui peuvent se permettre de bons avocats, ce sont donc eux qui gagnent les procès et ce sont par conséquent les pauvres qui se retrouvent en prison.

– Henry Ford dans son livre autobiographique « Ma vie et mon œuvre », définit la démocratie comme étant « un système politique qui donne à tous les mêmes chances de réussite » mais l’industriel américain n’oublie pas d’ajouter un petit détail qui change tout le sens de sa phrase : « selon les capacités de chacun ». Et il ne va pas s’arrêter en si bon chemin. Il va compléter sa pensée en mettant les jalons de la démocratie américaine lorsqu’il nous explique ce qui est, selon lui, le contraire de la démocratie : tout système où l’état partage à tous les citoyens, les richesses qu’on aurait dû réserver uniquement à ceux qui peuvent prouver de les mériter, à ceux qui peuvent les arracher par leur mérite. Pour Ford, l’autorité, le commandement politique ne peut pas être laissé au nombre, à la masse, mais exclusivement au mérite.

Dans la première partie des déclarations de l’industriel, sur l’égalité des chances, il s’agit bien évidemment d’un bluff, d’un mensonge portant à criminaliser et culpabiliser les pauvres en disant que s’ils sont pauvres, c’est bien leur faute, c’est à cause d’eux mêmes, c’est parce qu’ils sont stupides. La vérité est qu’on ne peut pas parler de mérite sans au préalable se demander si tous les citoyens partent dans le mêmes conditions. Ce n’est pas parce qu’on prétend que la course est de 100 mètres et qu’on décerne des médailles pour officialiser les résultats que cela va nous faire perdre de vue le fait de savoir si tout le monde était parti de zéro et au même moment. Sans cela, il s’agit d’un mérite purement de propagande, d’une course où certains partiraient en cachette à 50 mètres, d’autres à 90 mètres pour arriver au même point final de 100 mètres.  La conséquence de tout ceci est que ce modèle démocratique offre aux Etats-Unis d’Amérique un triste record du nombre de citoyens américains en prison. Dans le monde, un prisonnier sur 4 est américain. Le vrai paradoxe de cette démocratie est qu’il s’agisse d’une valeur absolue et non d’une valeur relative, et à titre d’exemple, il existe plus d’Américains privés de liberté que de Chinois: selon les Nations Unies en 2010,  dans le pays de la démocratie du mérite, (USA) il y avait 750 prisonniers sur 100.000 habitants, contre 110 prisonniers chinois sur 100.000 habitants, soit environ 7 fois plus.

Quant à l’autorité politique elle est en parfaite contradiction avec Lincoln, car ici le gouvernement du peuple n’est pas exercé par le peuple, mais par une minorité de privilégiés qui vont jusqu’à l’absurde de priver le peuple de la liberté, juste pour se faire de l’argent. On peut ainsi aller en prison pour une contravention.

Au delà du de la façon folklorique du président américain de sauver l’Afrique avec des bombes, il me plait de me poser une question : est-il souhaitable d’importer le modèle de la société américaine en Afrique? La réponse sans équivoque est 100 fois NON. Et nous verrons pourquoi.

ETATS-UNIS D’AMERIQUE

S’il existait une démocratie dite occidentale, celle-là proviendrait tout droit des Etats Unis d’Amérique, non seulement parce que l’indépendance américaine est un moment crucial dans la vie des nations, mais aussi parce que c’est le premier cas dans l’histoire moderne où le colonisé réussit à son tour à coloniser ses anciens colonisateurs et leur imposer son modèle de société.  C’est la Seconde Guerre Mondiale qui donne aux Etats-Unis d’Amérique l’occasion de prendre sa revanche sur l’Europe, d’abord par son intervention militaire et ensuite par son financement de la reconstruction de la partie occidentale de l’Europe avec le fameux plan Marshall. Pour parler de la démocratie européenne, il faut d’abord comprendre l’esprit de son patron.

Le modèle de société aux Etats-Unis est un système de bluff démocratique, où on donne l’illusion au peuple de compter. Ceci permet d’instaurer une véritable dictature des oligopoles, des grands groupes dont la maximisation du profit est le seul objectif. Les Etats-Unis d’Amérique incarnent à la perfection la modernisation du modèle d’économie basée sur la déportation et l’asservissement des africains. Le système a inventé un mot magique qui s’appelle la RENTABILITE, qui réussit aujourd’hui à pousser le peuple vers la peur de la misère et donc prêt à accepter tous le diktat du système. C’est un modèle qui atteint le maximum de l’immoralité lorsque ce sont les mêmes profiteurs qui ordonnent à l’état la privation des citoyens de leur liberté, pour remplir leurs prisons privées et les rendre encore plus riches. C’est ce qui explique la première place non enviable décrite plus haut du pays fait d’un peuple de prisonniers, où une élève de 10 ans vient d’ailleurs d’aller en prison dans l’état du Texas pour avoir désobéi à son enseignant à l’école. Qu’importe son passage en prison ait enrichi encore plus le propriétaire de la prison qui l’a accueillie. Il y a pire. Les lois sur l’immigration clandestine ont été durcies par les propriétaires de prisons, afin d’avoir plus de clients, plus de reclus venant des pays convaincus d’être pauvres et donc plus de profit.

Mark Ciavarella et Michael Cohahan, deux juges de Pennsylvanie ont reconnu le 16/09/2009 d’avoir touché des pots de vain pour expédier des centaines d’enfants et d’adolescents en prison entre 2000 et 2007, en échange de 2,6 millions de dollars de la part de deux entreprises de gestion des prisons privées pour mineurs, la PA Child Care et la Western PA Child Care qui ont ainsi encaissé 58 millions de dollars pour priver de liberté 2000 enfants, dont le cas écœurant de cet enfant de 13 ans qui va passer 3 mois en prison pour avoir insulté son professeur, un autre toujours de 14 ans va passer 9 mois en prison pour avoir volé un flacon de mayonnaise qui coûtait 4 dollars ou cet autre enfant de 13 ans envoyé en camp de redressement pour  avoir tagué le mur d’un bâtiment désaffecté. Bernadine, adolescente de 15 ans, va passer 1 mois en prison pour avoir insulté quelqu’un sur internet.   

La Corrections Corporation of America (CCA)  cotée à la bourse de New-York (NYSE)  avec le code : CXW est la plus grande entreprise de prisons privées aux USA, avec ses 60 prisons dans 19 Etats américains et 17.000 employés. Le journal Boston Phoenix révélait qu’en 2 ans, entre 2006 et 2008, la CCA a dépensé 2,7 millions de dollars pour corrompre les députés et sénateurs à Washington afin qu’ils durcissent les lois, pour augmenter le nombre de candidats pour remplir ses prisons et ainsi, augmenter ses profits.

GRECE

La Grèce, berceau de la démocratie, a le 17/06/2012 pour la deuxième fois en un mois, parce que la première n’avait pas pu départager les partis: le peuple confus et empêtré dans une crise économique qui n’en finit pas n’a pas été suffisamment lucide pour choisir les partis devant gérer sa faillite, comme on le ferait pour une entreprise en train de déposer le bilan. La descente aux enfers de la Grèce démarre le jour où ce pays accepte de rester sous le contrôle américain. L’économie grecque était florissante jusqu’au jour où elle accepte la prétendue aide des Etats-Unis, qui, comme toute aide américaine, elle ne sert jamais à libérer un peuple, mais à le mettre dans le modèle de servitude américaine. C’est en effet l’argent du plan Marshall qui a transformé la Grèce après 60 ans en un pays avec une économie complètement en lambeaux. Comment en est-on arrivé là ? L’économiste américain  Tiler Cawen, auteur de la rubrique « Economic Scene » dans le journal The New York Time, établit clairement le lien entre « la conditionnalité » de l’aide du plan Marshal et la fragilité économique européenne de nos jours, plan qui a donné l’illusion de développer les pays européens, mais qui au bout n’a servi qu’à dynamiser l’économie américaine et casser la probable concurrence qui aurait pu venir de l’Europe. Comment ne pas lui donner raison, lorsqu’on constate une vérité des plus troublantes : la Grèce qui exportait 17.000 tonnes de tabac par an vers l’Europe jusqu’en 1947, année du plan Marshall, voit ce chiffre divisé par 7 l’année d’après pour passer à 2.500 tonnes dès 1948, réduisant à néant le potentiel agroindustriel grec pour laisser la place à l’hégémonie des entreprises concurrentes américaines. Les experts de Washington sont venus expliquer aux Grecs que leur pays était si beau qu’il était dommage de le gaspiller avec des usines, et qu’ils pouvaient gagner beaucoup d’argent sans rien faire, juste en construisant des hôtels pour attendre les touristes.  Ajoutées à cela deux familles qui ont fait la pluie et le beau temps en s’alternant au pouvoir dans ce cirque bien orchestré appelé ELECTIONS, on arrive à la situation de la tragédie grecque de nos jours. Lorsque le 14/06/2012, le président américain Obama dit qu’il a un plan pour l’Afrique, c’est en chœur que le continent doit refuser son aide. Si on s’en est sorti jusqu’ici sans son aide, on peut continuer.

FRANCE

La France est l’une des colonies américaines en Europe les plus assidues. Cette colonisation démarre avec une tache, une zone d’ombre sur la période de la Seconde Guerre Mondiale, A savoir, comme pour les Italiens, l’impossibilité pour les français de répondre à la question : la France a-t-elle gagné ou perdu la  guerre ? La réponse aurait dû être qu’elle a perdu la guerre, car cela aurait permis à toute une société de se remettre en question, de remettre en cause tous ses fondements, sa trop facile mise sous tutelle par l’Allemagne nazie et tout le réseau de collaboration et de sympathie dont cette dernière a bénéficié sur le sol français. Mais comme la réponse officielle à cette question a été la victoire, cela a signifié l’acceptation psychologique pour la France de cesser d’être elle-même pour devenir américaine. Car il est évident que si le pays libéré qu’était la France pouvait s’asseoir non pas à la table des victimes ou des perdants, mais des vainqueurs, au point même de bénéficier d’un poste de membre permanent au Conseil de Sécurité des Nations Unies, il est effarant de constater à quel point l’amnésie de tout un peuple les a poussés à ne jamais se poser la question POURQUOI ? Pourquoi toute cette magnanimité américaine ? En échange de quoi, les Américains, qui ne font jamais rien pour rien, ont-ils fait cela pour un pays qui sorti affaibli de la guerre, n’avait aucune force pour revendiquer quoi que ce soit ? Les Etats-Unis d’Amérique étaient tout simplement intéressés par la mise sous tutelle la France et la Grande Bretagne afin d’en contrôler indirectement tout leur empire colonial mondial. Mais ce que les Américains n’ont pas considéré, c’est qu’ils ne soient pas les seuls à vouloir profiter de la faiblesse de la France et du Royaume Uni mis à nu par les 6 ans de guerre, puisque l’explosion de mouvements d’émancipation et d’indépendance ici et là, du Cameroun au Vietnam, en passant par Madagascar, l’Algérie et l’Inde va compromettre leurs plans. Les Français vont vite comprendre au Vietnam qu’ils ne sont devenus que l’ombre d’eux-mêmes, véritables épouvantails agités par les Etats-Unis dans les pays sous tutelle française. C’est ce qui va expliquer que les Etats-Unis prennent le relai de la France humiliée à la bataille de Dien Bien Phu en 1954 et contrainte à mettre fin à son occupation coloniale du Vietnam en signant malgré elle les accords de Genève. Les Américains qui n’acceptent pas de voir leur protégée, la France, humiliée de cette façon, et qui accessoirement veulent empêcher une montée du communisme en Asie, vont déclencher une guerre qui durera 20 ans avec un bilan catastrophique de 52.000 soldats américains tués, 400.000 morts pour leurs alliés Sud-Vietnamiens et 900.000 morts Nord-Vietnamiens, mais qui sont victorieux sur les Américains, contraints à la signature à leur tour des accords de paix de Paris le 27 janvier 1973. Ils vont partir finalement du Vietnam, mais sans leurs armes qu’avec malignité, ils laissent à leurs alliés Sud-Vietnamiens qui vont continuer de se battre avec l’aide des instructeurs militaires Français qui ne seront complètement défaits qu’avec la capitulation de Saigon le 30  Avril 1975.

Cet évènement tragique va sceller définitivement le sort de la société française à une américanisation forcée.  Les 52.000 soldats américains, tombés sur le sol Vietnamien pour le compte de la France va coûter très cher à ce pays. C’est le début de la culture de l’illusion selon laquelle on peut s’enrichir sans rien faire, sans transpirer. C’est la financiarisation de tout ce qui bouge. Même le premier gouvernement socialiste en 1981 va suivre la vague: la politique doit d’abord être un spectacle télévisuel où l’on vend les promesses comme on vendrait la lessive. Les socialistes au pouvoir vont privatiser dans cette lignée la toute première chaine de télévision (TF1), encenser le magnat sulfureux Berlusconi pour en créer une autre privée : La 5. Et la politique-spectacle à l’américaine peut démarrer : la classe politique s’organise en castes, très fermées. Le Front National peut représenter 20% de l’électorat et n’avoir que 2 députés alors que les Verts peuvent représenter à peine 2% de l’électorat et avoir 20 députés. Une véritable escroquerie politique, sur le dos du peuple. La lois électorale à double tour et sans la proportionnelle est la garantie que personne ne viendra troubler le pactole des électeurs qui doivent, comme des moutons de panurge se limiter à aller mettre leur bulletin dans l’urne et attendre 5 ans pour avoir encore l’illusion qu’ils choisissent leurs dirigeants.

L’escroquerie est vérifiable dans la constitution de la classe politique française. En France, il existe une école pour former les politiciens qui est l’Ecole Nationale d’Administration (ENA). Quelle belle idée que d’avoir une école pour former les dirigeants politiques d’un pays. Mais lorsqu’on regarde de très près, on se rend compte et très vite que sur les nombreuses facultés de sciences politiques de toute la France, l’ENA recrute 80% de ses étudiants dans une seule de ces facultés, et c’est Sciences-Po, Paris. Soit la France fait exprès de former les cancres dans toutes les autres universités françaises avec une faculté de sciences politiques et de réserver la crème seulement à Sciences-po Paris, ou alors, il s’agit d’une manœuvre bien pensée pour écarter le peuple de l’accès à la caste. La réponse à ce doute vient lorsqu’on épluche les salaires des recteurs. Ce secret jalousement gardé par la caste parisienne a été finalement trahi par le journal LIBERATION du 31 Janvier 2012, lorsqu’il communique le salaire de monsieur Richard Descoings de 27.000 Euros mensuels. C’est je journal LE FIGARO du même jour qui va plus loin en comparant ce salaire exorbitant d’un fonctionnaire à celui de ses collègues exerçant la même charge dans les autres universités partout en France, de 4.000 à 6.000 Euros par mois. Monsieur Descoings est récompensé pour avoir joué à fond la carte de  l’américanisation de son université où il a fait exploser les frais de scolarité allant jusqu’à 9800 EUR/an pour la License et jusqu’à 13.000 EUR/an pour le Master, pour l’année académique 2012-2013.

Ces incohérences sur la constitution du vivier de la classe politique française sont complétées par un fait non moins marginal qui montre que le peuple dans tout ça, n’est que le mouton qu’on va tondre toujours et toujours pour se sucrer au pouvoir, sucrer les cousins, les amants, les neveux, les Ex etc. Et c’est le record mondial d’élus détenu par la France : 620.000 Elus sur une population de 65.000.000 d’habitants. C’est-à-dire qu’en moyenne, un français sur 100 est un élu. Dans cette moyenne, sont comptés les enfants, les nouveaux nés. S’il faut prendre en considération seulement la population active selon l’INSEE de 28,345 millions en 2010, on arrive à ce chiffre incroyable de 2 Français Actifs sur 100 qui sont des élus politiques. Tout ce beau petit monde à la charge du contribuable. C’est ainsi qu’un député coûte au contribuable la somme de 978.000 Euros par an. Ils ont réussi à en faire 577 députés + 343 sénateurs, là où leur patron Etats-Unis d’Amérique avec 300 millions d’habitants se contentent de 435 députés et 100 sénateurs, c’est-à-dire 400 parlementaires en moins pour les Etats-Unis d’Amérique, où un député représente 566.000 habitants, contre 71.000 en France.

S’il faut ajouter à cela le fait que 85% de ces élus cumulent plusieurs mandats électifs, plusieurs autres fonctions étatiques, afin de toucher toujours plus d’argent, on comprend dès lors leur très grande inefficacité, puisqu’il est impossible de faire convenablement son travail à la Mairie de Bordeaux, d’être député au parlement français et d’être en même temps Ministre des Affaires Etrangères.

A tout cela, il faut ajouter une autre escroquerie démocratique à la française et c’est celui du nombre des partis politiques secrets. Lorsqu’on pose la question aux Français de combien de partis politique il y a dans leur pays? Ils répondent sans hésiter : une dizaine. Ce qui est faux. Ce qu’ils ne savent pas c’est que la France compte 230 partis politiques, donc les 90% sont des partis complètement clandestins sur le plan de l’éthique et de la morale politique parce qu’ils sont crées par les deux principaux partis politiques: le Parti Socialiste et l’UMP pour contourner la loi qu’ils ont créée sur le financement des partis politiques pour tromper le peuple et pour continuer à s’octroyer la licence de « donneur de leçon » sur le plan international en matière de « démocratie ».

Comment ça marche ? Il existe une loi votée par ces politiciens dont le principe est très louable de limiter la corruption des entreprises privées pour ensuite prétendre aux marchés publics, de limiter les dons à 150 EUR par candidat et 7500 EUR par parti politique. C’est ainsi que les principaux partis politiques français vont se transformer en délinquants, c’est-à-dire en violant grossièrement les lois de la République Française qu’eux même ont votées, pour tranquilliser la population, qui ainsi peut elle aussi répéter une aberration selon laquelle la démocratie française serait la meilleure au monde. Ces partis répondent qu’ils ne violent pas la loi, ils la contournent, ce qui à leurs yeux serait moins grave, donc, plus acceptable. Ils ont ainsi trouvé un stratagème pour continuer de se sucrer. Il y a d’abord eu une loi pour défiscaliser les dons aux partis politiques, ce qui encourage le privé à donner toujours d’avantage. Et puisque c’est défiscalisé, il s’agit donc indirectement d’une partie de l’argent du peuple. Ce sont des partis politiques sans personnel, sans militant, sans élu, des partis clandestins. C’est ainsi qu’en épluchant le rapport de la Commission Nationale des Comptes de Campagne et des Financements Politiques, publié le 29 décembre 2009 et repris par le journal en ligne Médiapart du 6 Janvier 2011, on constate que pour la seule année 2009, la Ministre de L’Enseignement Supérieur, Valérie Pécresse, a encaissé la bagatelle somme de 400.000 EUR (262 millions de FCFA) pour le financement de son micro parti politique dénommé « Changer c’est Possible », créé à peine un an avant, en décembre 2008. Pour comprendre la gravité d’un tel financement privé, il faut comparer ce chiffre avec celui du grand Parti Socialiste dont les dons et les adhésions de ses centaines de milliers de militants en un an, ont donné presque la même somme : 446.773 EUR (293 millions de FCFA). Voilà comment autour des 10 partis traditionnels qui ne se contentent pas de l’argent du financement public, il y a les 230 partis satellites, qui n’ont aucun idéal politique ou sociétal, sinon celui de se faire les poches aux dépends des citoyens.

LA COMPLICITE DE L’ARMEE

Pour être sûr que l’armée ne sera jamais du côté du peuple en se rebellant des agissements prédateurs de ses politiciens, ces derniers ont aussi sucré à sa juste valeur l’armée.

Lorsqu’en Mai 2007, Nicolas Sarkozy arrive au pouvoir, son premier grand dossier est la réforme du régime spécial de retraites des cheminots. Mais il oublie celui des militaires, deux fois plus juteux. Dans son édition du 10 Octobre 2007, le journal satirique « Le Canard enchainé » publie un article intitulé : « Le régime très spécial des retraites militaires » où on découvre que, pire que la scandaleuse retraite de 5 milliards d’Euros par an à partager entre 1,1 million de retraités cheminots ayant cotisé 37 ans décriée par Sarkozy, il y  a les 8,2 milliards d’Euros que se partagent chaque année 550.000 retraités militaires après seulement 25 ans de cotisation. Les militaires se défendent d’une quelconque connivence avec les politiciens invoquant le fait qu’ils pratiquent un métier à risque. Seulement voilà, la moitié des militaires sont des fonctionnaires qui n’ont touché une arme de leur vie que durant leur formation.

HAUSSE CACHEE DU SALAIRE DES MILITAIRES

Comme si les privilèges d’une retraite dorée ne suffisaient pas, grâce à un arrêté secret en date du 29 juillet 2011 et rendu public par le « Canard Enchaîné » du 30 novembre 2011, en pleine crise économique, le Ministre Français de la Défense a accordé une forte augmentation du salaire à ses 126 généraux de l’armée entre 320 et 560 EUR par mois (393.540 FCFA/mois d’augmentation de salaire). Et pour ne pas fâcher les subalternes, un second décret a suivi le premier, le 4 octobre 2011, cette fois-ci pour les colonels, lieutenants-colonels, commandants, capitaine et lieutenants, qui ont ainsi bénéficier d’une augmentation de 80 à 404 EUR (265.000 FCFA/mois d’augmentation) selon le grade.

Il faut aussi ajouter qu’on aurait pu imaginer un tel traitement de faveur pour une armée à peine victorieuse, mais tout cela se passe au moment où l’armée française subit ses pires humiliations depuis le fiasco di Dien Bien Fur, avec la guerre en cours en Libye où des avions français ont atterri trois fois sur l’Ile de Malte pour panne sèche et n’arrive pas à plier la résistance d’une armée libyenne inexistante qu’on avait prévu de battre en 3 jours. Ce qui fait donner à Brigitte Rossigneux le titre très ironique de son article à la page 3 du « Canard Enchaîné » n° 4753 du 30 novembre 2011 : « Enfin une victoire pour nos généraux »

Ceci se passait au même moment où le gouvernement ne remplaçait pas un fonctionnaire sur deux, où il sacrifiait l’école pour former le futur de la nation. Et le peuple qu’on prétend décidé en démocratie, a-t-il eu son mot à dire sur ces décisions corporatives des politiciens qu’ils ont voté? Pour Clément Attlee, la démocratie est un système politique dans lequel, « la loi de la majorité respecte le droit de la minorité ».  On peut bien constater que dans la réalité, après ce que nous venons de voir, la démocratie est un système dans lequel l’arrogance et l’avarice d’une minorité ne respectent en rien le droit à une vie décente de la majorité du peuple. Ce peuple qu’on a manipulé au point où il accepte sans s’indigner les pires traitements que lui infligent ses dirigeants politiques. Et Montesquieu dans « Considérations » de conclure : « Si à l’intérieur d’un État vous n’entendez le bruit d’aucun conflit, vous pouvez être sûr que la liberté n’y est pas »

– Pour Georges Clémenceau, la démocratie serait « une création continue ». 

………………

Lire la suite de l’article : www.pougala.org

Douala le 25/06/2012

Jean-Paul Pougala

Jean-Paul Pougala est directeur de l’Institut d’Etudes Géostratégiques, Tel: +23722736418 – et enseigne « Géostratégie Africaine » à l’Institut Supérieur de Management ISMA de Douala (Cameroun)

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